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Cycliste Pro, evolution après 2 mois "VST protocol"

Cycliste Pro, evolution après 2 mois "VST protocol


Le plafond qu'on ne voit pas sur un capteur de puissance


Deux mois de suivi sur un grimpeur de 22 ans dont la ventilation — pas les jambes — tenait le plafond. Ce que le VST a déplacé, et ce qu'il n'a pas déplacé.

 

Illustration

En avril, cet athlète avait un problème que son capteur de puissance ne montrait pas.


Un grimpeur-rouleur de 22 ans, 67 kilos, en Next Gen, avec une cible WorldTour au bout du chemin. Le moteur était là. Le rendement aussi — et c'est le premier fait qu'il faut poser, parce qu'il oriente toute la lecture.


Son rendement brut (gross efficiency) tournait déjà autour de 26 %, au-dessus de notre référence de cohorte WorldTour (24-25 %, série non publiée).

Autrement dit : ses muscles transformaient l'oxygène en watts admirablement bien. Ce n'était pas là que ça coinçait.


Le plafond était ailleurs, et en amont. La seule fois où son VO₂ montait haut, au mois d'avril, c'était au moment précis où sa ventilation s'effondrait.


À 370 watts, sa réserve ventilatoire était tombée à 3 % : il ventilait à 97 % de son débit ventilatoire maximal estimé, collé au plafond, bouche grande ouverte, fréquence montée jusqu'à 42 cycles par minute, volume courant qui s'écroulait.


Son VO₂ « maximal » n'était donc pas un vrai maximum — c'était la valeur qu'il arrachait en défaillance ventilatoire.


Comme un plongeur qui touche le fond parce qu'il n'a plus d'air, pas parce qu'il a atteint sa profondeur.


Sa ventilation était le toit de son VO₂.


C'est un diagnostic par élimination, et il est propre.


Rendement musculaire excellent, extraction périphérique encore disponible, mais ventilation saturée bien avant que les jambes ne cèdent.


Le limiteur de performance n'était pas métabolique ni musculaire.


Il était ventilatoire, mécanique, situé en amont de tout le reste.


La question posée par ce dossier est donc la plus honnête qui soit en physiologie de l'exercice : quand la limitation est structurelle, que reste-t-il à entraîner ?


La frontière qu'on ne franchit pas


Avant toute chose, une ligne nette — et elle est au cœur de ce que nous faisons.


L'obstruction bronchique de cet athlète, sa réversibilité, sa prise en charge médicamenteuse : cela appartient au staff médical, exclusivement. Nous ne diagnostiquons rien, nous ne prescrivons aucun médicament, nous ne « soignons » aucune fonction pulmonaire.


Ce que travaille le VST (Ventilatory Strategies Training) est ailleurs, et c'est un territoire largement inexploité dans le cyclisme de haut niveau :


Le pattern ventilatoire, la mobilisation du volume, la coodination, l'endurance des muscles respiratoires, la tolérance au Co2 , l'intégration des stratégies en dynamique ainsi qu'une hypothèse d'épargne de la fonction par la voie nasale en basse intensité.


La ventilation est probablement le dernier système qu'on laisse encore se débrouiller seul chez des athlètes qui optimisent tout le reste au watt près.


Deux leviers sur un même plafond


Une réserve ventilatoire n'a que deux façons de se restaurer : on relève le plafond, ou on baisse la demande qui vient s'y cogner.


En deux mois, les deux ont bougé — et c'est cette convergence qui rend la lecture solide.


Le plafond, d'abord — le versant statique.


Les volumes mobilisables montent ensemble : le FEV₆ (l'image de ce que l'athlète parvient à mobiliser) passe de 5.10 à 6.15 litres, la capacité inspiratoire forcée de 4.84 à 5.30 litres.


Le FEV₁, lui, gagne près d'un litre — et ici, il faut être précis, parce que c'est exactement là qu'on pourrait nous prendre en défaut. Un FEV₁ qui grimpe peut signifier deux choses opposées.


Soit l'obstruction se lève, et le rapport FEV₁/FEV₆ bondit.


Soit c'est le volume total mobilisé qui augmente et tire le FEV₁ derrière lui, à rapport constant. Ici, le rapport ne bouge quasiment pas : il reste en zone obstructive.


L'obstruction n'est pas levée.


Ce qui monte, c'est le volume que l'athlète apprend à mobiliser et à coordonner — et environ les trois quarts du gain de FEV₁ sont portés par cette montée du FEV₆, pas par la pharmacologie.


Mobiliser et coordonner ce volume, c'est précisément le travail du VST.


La part bronchique, résiduelle, reste au médecin ; mais elle n'est pas le moteur.


La demande, ensuite — le versant dynamique, et le plus difficile à contester.


À charge identique, combien de ventilation faut-il désormais pour produire la même puissance ?


À 350 watts — la puissance qui était son seuil VT2 en avril — il ventile aujourd'hui 14 litres/minute de moins, avec un volume courant supérieur d'un demi-litre et une fréquence amputée d'un tiers.


Même effort, beaucoup moins de coût respiratoire.


Et le détail qui rend cette lecture imparable plutôt que flatteuse : la session de juin s'est courue par 33 °C, une chaleur qui aurait dû faire monter la ventilation.


Elle a baissé quand même.


Le gain d'économie est donc sous-estimé, pas gonflé.


Résultat de ces deux leviers réunis : la réserve se restaure sur toute la plage de travail.


Là où il touchait son plafond à 3 % de réserve dès 370 watts, il garde aujourd'hui près de 18 % de marge à 397 watts, à une perception d'effort modérée, sans effondrement terminal.


Le VO₂ « démasqué », mesuré cette fois en conditions propres, dépasse la valeur d'avril — parce que le toit qui le comprimait s'est relevé.


Et les seuils suivent : +30 watts au VT1, +25 watts au VT2.


Précisons tout de suite, par honnêteté : un bon bloc de course et un camp d'altitude auraient monté ces watts aussi.

Les watts bruts ne prouvent rien seuls.

Ce qui signe le travail ventilatoire, c'est le coût ventilatoire qui s'effondre à watts égaux — pas le chiffre au sommet.


Il y a enfin un changement de nature, plus parlant pour qui lit des courbes toute la journée.

En avril, pour passer d'un seuil à l'autre, l'athlète augmentait sa ventilation par la fréquence — il accélérait, le volume restait plat.


En juin, la même transition se fait en préservant le volume : la fréquence bouge à peine, l'amplitude continue de monter.


Il ne subit plus sa respiration.


Il la pilote.


Ce qui n'est pas encore acquis


Et c'est le passage qui mérite peut-être le plus votre lecture, parce qu'on ne le trouve pas souvent dans une communication de performance.


Le plafond n'a pas disparu — il s'est déplacé.


En conditions fraîches, à très haute intensité au-delà de la puissance critique, la réserve retombe à zéro : le verrou ventilatoire structurel est toujours là, et il le restera, parce qu'il est d'origine obstructive et non entraînable.


Ce que le VST a fait, ce n'est pas l'effacer.


C'est le repousser, et restaurer la marge sur toute la plage qui fait la course, jusqu'au VT2. Formulé simplement : il sait désormais ouvrir le volume, il ne sait pas encore le tenir sous charge et sous chaleur.


Le chantier devant est clair, nommé, chiffré.


La trajectoire est la bonne ; le travail n'est pas terminé.



Ce que contient le PDF


Le document complet descend dans la mécanique, palier par palier.


Vous y trouverez le plafond ventilatoire initial qui comprimait le VO₂, l'argument de rendement qui isole le verrou, la comparaison à iso-puissance (fréquence, volume, ventilation à watts égaux, sur fenêtre stable), l'analyse seuil par seuil du VT1 et du VT2, le changement de mode ventilatoire, la chaîne périphérique (extraction musculaire, coût du travail respiratoire, cinétique du VO₂), et la trajectoire des capacités statiques avec la décomposition du gain de FEV₁.


Chaque affirmation porte son niveau de preuve — fort, intermédiaire, faible — et chaque facteur de confusion est nommé : la chaleur, le médicament, le fait que ce soit un seul athlète sans groupe contrôle.


Parce qu'un cas n = 1 honnête vaut mieux qu'une promesse ronde.


C'est un échantillon de méthode, anonymisé.


Pas une preuve universelle : une démonstration de ce qu'on peut lire, et déplacer, quand on décide de traiter la ventilation comme un système à part entière.


Don't believe me — just let me show you.


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