Profilage physiologique complet d'un cycliste professionnel
- cyrilricci
- 17 déc. 2025
- 5 min de lecture
Dans cet article nous allons observer le profilage physiologique complet d'un cycliste professionnel de 24 ans
Cette athlète à sollicité la réalisation d’un profilage physiologique complet afin de faire le point sur le fonctionnement de ses systèmes de performance, ses discriminants dans sa quête d’optimisation de performance et ses ambitions de victoires en world tour
Ci dessous, sont affichés une partie des résultats du rapport d'analyse remis à l'athlète et staff
Overview globale

Note globale des systèmes de performance

Benchmarks

Step's Test


RPE par pallier

Steady state VT control (mouth / nasal breathing)

Ventilatory system

Inspiratory function


Overview lungs capacities and ventilatory power profile

Static Ventilatory capacities evalution

Dynamic Ventilatory capacities





Cardiovascular system








Muscular system







Others test diagrams






Athlete review
Profil global:
Capacité centrale très élevée (VO2max et tolérance haute intensité solides), seuil ventilatoire 2 (VT2) performant, mais seuil ventilatoire 1 (VT1) relativement bas (≈ 57–60% VO2max). C’est typique d’un “haut moteur” peu optimisé sur l’endurance métabolique de base.
Conséquences clés:
Ecellente performance sur efforts proches du seuil/VO2max, mais économie et stabilité métabolique perfectibles à intensité sous‑seuil prolongée (dérive cardio‑ventilatoire, dépendance glucidique précoce).
Priorités pour WorldTour:
1) Rehausser VT1 (objectif: 70–75% VO2max) et la puissance durable sous‑seuil.
2) Consolider la clairance/oxydation du lactate autour du seuil.
3) Maintenir/peaufiner le débit cardiaque maximal (VO2max) et la “durability” à haut VE.
4) Optimiser les déterminants périphériques: capillarisation, volume mitochondrial, MCT1, enzymes oxydatives, efficacité neuromusculaire.
5) Soutien hématologique et thermorégulation: masse d’Hb, disponibilité en fer, acclimatation à la chaleur.
Ces axes visent une performance stable et répétable sur courses WT (stabilité du coût énergétique, accès tardif au glycogène, meilleure résistance à la fatigue et capacité d’attaque tardive).
Données clés
- VT1 ≈ 290 W (FC ~161 bpm)
- VT2 ≈ 337 W (FC ~172 bpm)
- VO2max: très élevé proche des 90ml/min/kg sans dérive ventilatoire
- Remarque indoor vs outdoor: outdoor, la puissance cible est souvent 2–5% plus élevée à RPE/échanges gazeux équivalents (ventilation, inertie, posture). Toujours caler l’intensité d’abord sur les repères physiologiques (respiration, RPE, si possible lactate), puis ajuster la cible en watts.
Interprétation physiologique par systèmes
Système ventilatoire (diffusion)
Points plutôt positifs:
Capacité expiratoire très convenable
Points à travailler :
Capacité inspiratoire statique très inférieure à l’expiratoire
Problème de coordination dans la relation puissance, volume
Problématique de mobilisation
Mauvaise utilisation du volume courant sur toute la plage d’intensité inférieure à vt2
Le protocole Ventilatory stratégies & training est clairement indiqué
Système central (transport d’o2)
Points forts:
- VO2max élevé suggère un débit cardiaque maximal mais une cinétique O2 perfectible.
- VT2 solide (~86% VO2max rapporté) cohérent avec une haute tolérance à travailler proche du maximum aérobie.
- Enjeux:
- Surtout maintenir et transférer cette capacité sous fatigue (durability), plutôt que de chercher un gain marginal coûteux.
Mécanismes visés: expansion volémique, maintien du volume d’éjection systolique à haute intensité, stabilité de la cinétique VO2 sous fatigue.
Système périphérique (utilisation O2 et clairance lactate)
Points à améliorer:
- VT1 bas relatif au VO2max suggère des limites au niveau des adaptations périphériques: densité capillaire, volume mitochondrial, enzymes de bêta‑oxydation, MCT1, efficacité ventilatoire.
- Probable RER plus élevé à puissance donnée → utilisation glucidique précoce, drift métabolique plus rapide.
- Points forts:
- VT2 performant et bonne tolérance au lactate indiquent déjà une bonne capacité de production/oxydation du lactate à intensité élevée.
Mécanismes visés: capillarisation, biogenèse mitochondriale (PGC‑1α), β‑oxydation, up‑regulation MCT1 (clairance lactate), perfusion et vasodilatation endothéliale.
Efficacité/économie, neuromusculaire et durability
- Efficacité:
- Rehausser VT1 augmente l’économie à intensité “race pace” sub‑seuil et retarde la dérive cardiaque.
- Neuromusculaire:
- Force maximale et sollicitation en sprints courts pour préserver le recrutement efficace des fibres à puissance élevée tard dans l’effort.
- Durability:
- Capacité à maintenir VO2 élevé et puissance proche du seuil après plusieurs heures: déterminante en WT.
Cibles chiffrées pour viser WorldTour
- VT1: passer de ~57–60% VO2max à 70–75% VO2max.
- Puissance relative à VT1: viser ~80–85% de la puissance à VT2 (actuellement ~86% de VO2max à VT2; la ratio puissance VT1/VT2 semble bas → objectif: réduire cet écart).
- Dérive cardiaque ≤ 5% sur 60–90 min à puissance sous‑seuil.
- Lactate:
- [La−] ≈ 1.5–2.0 mmol·L−1 à VT1, ~4 mmol·L−1 (ou Dmax) à VT2, avec meilleure stabilité intra‑exercice.
- Hématologie:
- Masse d’Hb adaptée au volume d’entraînement, ferritine cible 50–100 µg·L−1 (à individualiser avec le médecin/diététicien).
VT1 Outdoor target > 5,3 w/kg, VT2 Outdoor > 6,5 w/kg
Plan d’action priorisé (axes et justifications)
1) Élever VT1 et l’oxydation lipidique
- Pourquoi: plus de puissance “gratuite” sous‑seuil, meilleure épargne glycogène → déterminant sur courses longues.
- Comment:
- Haut volume Z2 (respiration facile, lactate stable ≤ ~2 mmol).
- Blocs Tempo prolongés (juste sous VT2) pour stimuler CPT‑I/β‑oxydation et enzymes oxydatives.
- Séances “lactate steady” à 0.8–1.0×VT2 fractionnées pour améliorer la clairance sans sur‑accumulation.
- Ciblage MCT1 via travail prolongé sous‑seuil et autour du seuil.
2) Consolider le voisinage de VT2 (lactate shuttle)
- Pourquoi: meilleure tolérance aux variations d’allure et attaques en course.
- Comment:
- Over/Under (sous/sur VT2) pour élever MCT1, MCT4 et utilisation du lactate comme carburant oxydatif.
- Blocs seuil continus/fractionnés, puis “long VO2” pour transférer vers la cinétique O2 rapide.
3) Améliorer VO2max et la durability
- Pourquoi: conserver l’avantage central, mais sous fatigue.
- Comment:
- Micro‑intervalles à forte densité (30/15, 40/20, et > 3’ Ratio 2 :1) et 3–5 min en Z4, insérés dans des sorties longues.
- Enchaînement “VO2 en fin de sortie longue” pour stresser la cinétique O2 sous fatigue.
4) Soutien force/neuromusculaire
- Pourquoi: efficacité mécanique, retard de la fatigue périphérique, capacité à répéter les efforts.
- Comment:
- Force max hors vélo (mouvements polyarticulaires, charge haute, faible volume) + sprints 6–12 s en vélo (récup complète), cadence variée.
5) Hématologie, chaleur et nutrition
- Altitude/masse d’Hb: blocs hypoxie si contexte médical/logistique le permet.
- Acclimatation chaleur: 10–14 jours, 40–60 min/j à Z1–Z2, surveiller hydratation/masse.
- Nutrition ciblée: Monitorer les apports journaliers
- Periodized carbs: bas à Z2/tempo longs pour stimuler adaptations périphériques; hauts à Z4/VO2 et séances clés.
- Apports en fer individualisés selon bilan sanguin; vitamine D, calcium, protéines 1.6–1.8 g·kg−1·j−1.
Conclusion:
Tu as déjà le “moteur central” d’un très haut niveau.
La clé maintenant est d’élever significativement le plancher métabolique (VT1), de cimenter la zone seuil et de transférer ta capacité centrale sous fatigue.
Avec 8–12 semaines orientées périphérique + 4–6 semaines d’intégration seuil/VO2 et un support hémato‑thermique, tu peux atteindre des standards proches WorldTour en stabilité d’allure et capacité d’attaque tardive.







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